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Collecter des avis sans enfreindre les règles de Google

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Collecter des avis sans enfreindre les règles

Demander des avis fait monter votre visibilité. Certaines façons de les demander font sanctionner votre fiche. La frontière est écrite noir sur blanc, et elle est plus étroite que ne le laissent croire certaines pratiques du marché.

Les avis pèsent sur deux choses à la fois : votre position dans les résultats locaux, et la décision de celui qui vous a trouvé. C’est pourquoi tout le monde cherche à en obtenir davantage. C’est aussi pourquoi le sujet est encadré — par les règles de la plateforme d’un côté, par la loi française de l’autre — et pourquoi une partie du marché navigue au bord de la ligne.

Ce guide dit où passe la ligne, ce que vous risquez à la franchir, et ce qui marche en restant du bon côté. Il ne s’agit pas de prudence excessive : les sanctions existent, elles frappent la fiche et pas seulement l’avis fautif.

Commençons par ce qui est explicitement interdit. La page « Prohibited & restricted content » de Google est claire sur trois points, et ils recouvrent l’essentiel des pratiques litigieuses.

D’abord, il est interdit de décourager ou d’empêcher les avis négatifs. Ensuite, il est interdit de solliciter sélectivement les avis positifs — c’est-à-dire de ne demander leur avis qu’aux clients dont on pressent qu’ils sont contents. Enfin, il est interdit d’offrir une contrepartie en échange d’un avis, de sa modification ou de son retrait : paiement, remise, cadeau, service gratuit.

La deuxième interdiction est celle qu’on enfreint le plus souvent sans le savoir, parce qu’elle a l’air raisonnable. Envoyer d’abord un questionnaire interne, puis n’orienter vers la fiche publique que ceux qui ont mis une bonne note, paraît de bonne gestion. C’est pourtant exactement la pratique visée : le tri se fait sur la note, donc la sollicitation devient sélective.

Cette pratique porte un nom dans le métier, et elle est parfois vendue comme une fonctionnalité — un routage des avis selon leur note, les bons vers les plateformes publiques, les mauvais vers le service client. Certains éditeurs la documentent publiquement sur leur page tarifaire. Nous la décrivons ici comme un fait vérifiable, sans porter de jugement sur la conformité des offres concernées, qui n’est pas de notre ressort : le point utile pour vous est que la responsabilité de ce qui est demandé à vos clients reste la vôtre.

3

interdictions explicites : décourager, trier, récompenser

2024

entrée en vigueur de l’obligation française de transparence

100 %

de vos clients doivent être sollicités, pas une partie choisie

Ce que vous risquez concrètement

  • La suppression des avis considérés comme non conformes
  • Le blocage temporaire des nouveaux avis et des notes sur votre fiche
  • La dépublication d’avis existants pendant une période donnée
  • L’affichage d’un avertissement aux consommateurs indiquant que de faux avis ont été retirés
  • Une perte de position dans les résultats locaux, conséquence mécanique des trois premières

Le quatrième point est le plus coûteux, et il est rarement anticipé. Un bandeau signalant que de faux avis ont été retirés s’affiche à l’endroit exact où votre prospect décide. Le préjudice n’est plus une question de positions : c’est votre crédibilité, devant quelqu’un qui était sur le point de vous choisir.

Côté loi française, l’article L111-7-2 du Code de la consommation impose, depuis le 17 février 2024, une information loyale, claire et transparente sur les modalités de publication et de traitement des avis. Il faut notamment préciser si les avis font l’objet d’un contrôle et, le cas échéant, les caractéristiques principales de ce contrôle, indiquer à un consommateur les raisons du rejet de son avis, et offrir une fonctionnalité gratuite de signalement d’un doute sur l’authenticité.

Cette obligation vise celui dont l’activité consiste à collecter, modérer ou diffuser des avis — donc, en pratique, l’outil que vous employez plus que vous-même. Elle n’en est pas moins un bon critère de choix : un prestataire qui n’explique pas clairement comment il traite les avis vous expose autant qu’il vous sert. La certification NF Service avis en ligne, délivrée par l’AFNOR, est un signal fort sur ce point ; peu d’éditeurs l’affichent.

La méthode qui fonctionne, et qui reste conforme

  • Demandez à tous vos clients, sans exception et sans présélection sur la satisfaction supposée
  • Demandez tôt, quand l’expérience est fraîche — la réponse chute vite avec le délai
  • Demandez une seule fois, avec au plus une relance : au-delà, vous perdez le client et non l’avis
  • Rendez le geste court : un lien direct vers le formulaire, pas un parcours en quatre écrans
  • Ne suggérez ni la note ni le contenu — demander « un avis » et non « un bon avis »
  • Répondez à tous les avis, négatifs compris : la réponse pèse autant que la note aux yeux du lecteur
  • Traitez le mécontentement par le service client, en parallèle et jamais à la place de l’avis

La dernière ligne est la reformulation honnête de ce que le tri par note cherchait à obtenir. Vous avez parfaitement le droit — et tout intérêt — à rappeler un client mécontent, à comprendre et à réparer. Ce que vous n’avez pas le droit de faire, c’est de conditionner sa possibilité de s’exprimer publiquement au résultat de cet échange. Traitez les deux en parallèle : réparez d’un côté, laissez l’avis exister de l’autre. Un avis négatif suivi d’une réponse sérieuse convainc davantage qu’une page de cinq étoiles sans aspérité.

Reste un point que beaucoup ignorent : un profil sans aucun avis négatif éveille la méfiance. Les lecteurs cherchent les avis moyens pour se faire une idée. Une note parfaite sur un volume important est un signal de tri, pas d’excellence.

Questions fréquentes

Puis-je offrir une réduction à un client qui laisse un avis ?

Non. Offrir une contrepartie en échange d’un avis, de sa modification ou de son retrait est explicitement interdit — paiement, remise, cadeau ou service gratuit. L’interdiction vaut même si vous ne demandez pas un avis positif : c’est l’échange lui-même qui est visé.

Puis-je envoyer un questionnaire interne avant de demander un avis public ?

Vous pouvez interroger vos clients sur leur satisfaction, c’est même une bonne pratique. Ce que vous ne pouvez pas faire, c’est vous servir de la réponse pour décider à qui vous demanderez un avis public. La sollicitation publique doit partir vers tout le monde, indépendamment de ce que le questionnaire a révélé.

Comment répondre à un avis manifestement faux ?

Signalez-le par la procédure prévue, et répondez publiquement de façon factuelle et brève : rappelez que vous ne retrouvez pas cette commande, proposez un contact. Vous ne convaincrez pas l’auteur ; vous écrivez pour les centaines de lecteurs suivants, et une réponse mesurée face à une attaque joue en votre faveur.

Faut-il un outil pour collecter, ou peut-on faire à la main ?

À la main jusqu’à un certain volume : un lien direct envoyé par message après chaque prestation suffit longtemps. Un outil devient utile quand le geste doit être systématique et déclenché automatiquement. Vérifiez alors comment il traite les avis, et méfiez-vous d’un routage selon la note présenté comme une fonctionnalité de confort.

Combien d’avis faut-il viser ?

Le volume compte moins que la régularité et la fraîcheur. Quelques avis récents chaque mois valent mieux qu’une campagne massive suivie de deux ans de silence — un afflux soudain est d’ailleurs un motif fréquent de contrôle automatique.

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